| e diabète sucré est une maladie courante et grave, caractérisée par des taux de glucose sanguin non régularisés. L'organisme produit alors des quantités d'INSULINE insuffisantes pour transormer le glucose sanguin ou les tissus du corps n'utilisent pas l'insuline adéquatement. Le terme « diabète sucré » est une fausse appellation, puisque le diabète n'est pas directement lié à la consommation de sucre. Le diabète peut cauer une dégénérescence des vaisseaux sanguins, particulièrement au niveau des yeux et des reins. C'est la principale cause de cécité et une cause fréquente d'insuffisance rénale. En raison des complications qui en découlent et de la rapidité avec laquelle l'artériosclérose s'installe chez les diabétiques traités de façon inadéquate, le diabète constitue la troisième cause de décès au Canada.
On connaît le diabète sucré depuis des milliers d'années. Le caractère familial de la maladie est également connu depuis longtemps, mais les éléments génétiques qui en sont responsables font encore l'objet de controverses. Les caractéristiques et les causes de la maladie d'un patient diffèrent selon le type de diabète dont il est atteint (voir ci-dessous). Avant la découverte et l'isolation de l'insuline, qui ont valu un prix Nobel à F.G. BANTING et à J.J.R. MACLEOD en 1923, il n'existait aucun traitement efficace du diabète.
Le glucose est une forme de glycémie que l'organisme transforme à partir du sucre et de l'amidon de la nourriture ingérée. Le corps l'utilise comme source d'énergie. On a tous besoin d'insuline pour décomposer la nourriture, et les taux de glucose dans le sang varient selon le type et la quantité de nourriture que l'on mange. Un taux de glucose normal varie de 4 à 7 mmol/L avant d'avoir mangé et de 5 à 11 mmol/L une à deux heures après avoir mangé. Lorsqu'il n'y a pas assez d'insuline pour répondre aux besoins du corps, le glucose est entreposé dans les cellules du corps et s'accumule dans le sang. Au fil du temps, un taux élevé de glucose peut avoir des effets néfastes pour le corps. Les symptômes spécifiques liés à cette maladie comprennent la fatigue, la soif, la polyurie, les troubles du système nerveux, la vision trouble et les crampes musculaires. Même lorsque le diabète est contrôlé, l'alimentation insulinique du corps est limitée.
Complications
Un mauvais contrôle du diabète augmente le risque de faire face à d'autres problèmes de santé, notamment :
L'hypertension (tension artérielle élevée)
De nombreux diabétiques souffrent aussi d'hypertension, ce qui augmente le risque de complications diabétiques. Leur tension artérielle ne devrait pas dépasser 130/85 mm Hg.
Les maladies du cœur
Le diabète, l'hypertension et un cholestérol élevé augmentent les risques de souffrir de maladies du cœur, surtout s'ils ne sont pas contrôlés.
L'insuffisance rénale
Les diabétiques devraient subir un examen annuel pour dépister l'albumine dans l'urine et détecter des signes d'insuffisance rénale.
Problèmes de pieds
Un mauvais contrôle du glucose et un manque de soins des pieds peuvent mener à des ulcères aux pieds et même à l'amputation. Les diabétiques peuvent connaître une diminution de la sensation des pieds en raison d'une fonction circulatoire amoindrie. Ils devraient vérifier leurs pieds régulièrement pour voir s'il y a des lésions ou des éraflures.
Cécité
Chaque année, en Amérique du Nord, jusqu'à 12 p. 100 des nouveaux cas de cécité sont attribuables au diabète.
Prévalence
Plus de deux millions de Canadiens sont atteints du diabète, et on évalue que 750 000 autres en souffrent, mais l'ignorent. La prévalence varie selon l'âge, mais la plus haute incidence (de 12 à 15 p. 100) se trouve chez la population âgée de plus de 60 ans. La probabilité de souffrir du diabète double avec chaque tranche de 20 p. 100 d'excès de poids. Les caractéristiques et les causes de la maladie peuvent différer selon le type de diabète.
Diabète de type I
Appelé auparavant diabète juvénile, le type I est un diabète insulinodépendant (DID) dont souffrent 10 p. 100 des diabétiques. L'auto-immunité est un mécanisme important dans le déclenchement du DID. Les anticorps se développent dans les îlots pancréatiques, où est formée l'insuline, et les îlots finissent par être détruits. Il est alors impossible de produire de l'insuline et c'est pourquoi il est nécessaire que le corps en obtienne de sources externes. Une sensibilité génétique aux infections virales serait une autre cause du DID.
Diabète de type II
Le diabète de type II est non insulinodépendant (DNID). Environ 90 p. 100 des diabétiques sont atteints de cette forme la plus courante. La maladie est le plus souvent diagnostiquée à l'âge adulte, c'est pourquoi elle était connue sous le nom de diabète adulte. Bien que les sujets atteints de DNID sécrètent encore de l'insuline provenant du pancréas, la régulation de leur glucose sanguin est perturbée, et ils peuvent aussi présenter d'autres anomalies métaboliques. L'obésité est un trait commun chez bon nombre de ces patients. Une forme secondaire de diabète peut survenir chez les personnes souffrant de maladies qui nuisent à la sécrétion d'insuline ou modifient ses effets (les maladies du pancréas ou l'hypersécrétion d'autres glandes endocrines comme les surrénales et l'hypophyse, par exemple).
Le prédiabète est un état dans lequel les taux de glucose sont élevés, mais pas aussi élevés que celui du diabète de type II. Certains prédiabétiques peuvent devenir diabétiques. On peut traiter le prédiabète en apportant quelques changements à son style de vie (p. ex., en faisant de l'exercice et en mangeant des aliments sains et faibles en gras). Les prédiabétiques qui ont aussi le syndrome métabolique, dont les symptômes sont l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol et l'obésité abdominale, sont plus sujets à devenir diabétiques que ceux qui n'ont pas le syndrome.
Diabète gestationnel
Le diabète sucré de la grossesse (DSG) ne touche que les femmes enceintes et se développe en général à une étape avancée de la grossesse. Les facteurs qui mènent à ce type de diabète sont ne pas complètement inconnus. Le placenta contient des hormones qui nourrissent le fœtus et permettent de lui transmettre du glucose. Dans le cas du diabète gestationnel, l'insulinorésistance entraîne la production d'hormones qui empêchent l'insuline d'atteindre le placenta.
Ces hormones font en sorte que le corps de la femme enceinte augmente le taux de production d'insuline en vue de procéder à la transformation du glucose. Dans certains cas, la femme peut avoir besoin de trois fois le taux normal d'insuline. Lorsque le pancréas fournit le taux d'insuline nécessaire, mais que les taux de glucose ne changent pas, le diabète gestationnel se développe et l'insulinorésistance apparaît. Le pancréas produit plus d'insuline, mais les taux de glucose ne diminuent pas, ce qui fait en sorte que le glucose excédentaire est transmis au fœtus par le placenta. Ce glucose excédentaire augmente la production d'insuline du pancréas du fœtus en vue de modifier les taux de glucose. Le fœtus a alors plus de glucose qu'il ne devrait en avoir, ce qui fait qu'il est plus gros. Cet état porte le nom de « macrosomie », ce qui signifie que le fœtus a un surpoids. Les bébés qui naissent de mères dont le diabète gestationnel n'est pas contrôlé peuvent être blessés au cours de l'accouchement (p. ex. blessure à l'épaule). Les nouveau-nés peuvent aussi faire de l'hypoglycémie et souffrir de problèmes respiratoires. Les enfants qui naissent de mères dont le diabète gestationnel n'est pas contrôlé ont plus de chance d'être obèses et de faire du diabète de type II à l'âge adulte; les femmes enceintes qui font du DSG risquent aussi de faire du diabète de type II à un moment ultérieur de leur vie.
Les soins prénataux et le dépistage peuvent être utiles pour déterminer les femmes à risque et prévenir les complications chez le fœtus. Les femmes qui ont ce type de diabète doivent être traitées en vue de faire baisser leur taux de glucose.
Traitement du diabète
Le but du traitement est de contrôler les taux de glucose dans le sang en assurant l'équilibre entre le type et la quantité de nourriture ingérée, et la quantité limitée d'insuline disponible. Les diabétiques doivent suivre un régime alimentaire particulier, qui consiste en une alimentation saine comportant tous les groupes d'aliments essentiels. La planification des repas est donc très importante. En effet, la plupart des gens peuvent se permettre de manger un morceau de gâteau à l'improviste sans conséquences désastreuses. Pour sa part, le diabétique doit s'assurer que sa ration alimentaire ne dépasse pas la capacité de son organisme à transformer le glucose. Pour bon nombre de diabétiques, un régime peut contrôler la maladie. De nombreux autres doivent prendre des médicaments. Une collaboration entre le diabétique, le médecin et les consultants sur le diabète est primordiale, car elle permet de planifier le meilleur régime alimentaire.
Les diabétiques de type I doivent prendre de l'insuline injectée sous la peau, car les enzymes digestives l'empêchent d'atteindre le tube digestif lorsqu'elle est administrée par la bouche. Les diabétiques de type II peuvent prendre de l'insuline ou des antidiabétiques oraux. La majorité d'entre eux ont recours à des médicaments oraux, notamment des sulfamides hypoglycémiants (p. ex. le glibenclamide) qui augmentent la sécrétion d'insuline, des biguanides (p. ex. le chlorhydrate de metformine) qui augmentent l'efficacité de l'insuline, et des inhibiteurs enzymatiques de l'intestin qui retardent la digestion des aliments à base de glucides. Il arrive parfois qu'on administre de l'insuline au diabétique de type II lorsque les antidiabétiques ne parviennent pas à contrôler les taux de glucose dans le sang. Un régime alimentaire approprié peut suffire à traiter environ la moitié des diabétiques; 24 p. 100 doivent prendre des médicaments hypoglycémiants oraux et 26 p. 100 ont besoin d'injections d'insuline. Étant donné que l'exercice peut diminuer le taux de glucose sanguin, l'activité physique doit aussi faire partie du traitement.
L'insulinothérapie est destinée à remédier à la carence d'insuline. L'éducation des patients diabétiques est importante pour leur permettre de comprendre leur état, de coordonner un régime alimentaire approprié et l'activité physique avec les autres traitements prescrits et de connaître les bonnes méthodes pour tester le taux de glucose dans leur urine ou dans leur sang et pour administrer leur injection d'insuline.
Auteur G.D. MOLNAR Révision : PATRICIA G. BAILEY
Bibliographie
J. BIERMANN et B. TOOKEY, The Diabetic's Book, (1998); Association canadienne du diabète, Guide pratique : la planification de repas sains en vue de prévenir ou de traiter le diabète (2006). Liens supplémentaires
Frederick Banting Brève autobiographie du Dr Frederick Banting, tirée du Panthéon du Musée des sciences et de la technologie du Canada.
Santé Canada Le site Web de Santé Canada. Cette section vous offre un aperçu de l'organisation de Santé Canada et une porte d'entrée à toute une gamme de sujets spécifiques à la santé.
Diabète Québec Diabète Québec compte plus de 45 associations affiliées dans presque toutes les régions du Québec.
What is Diabetes? Une vue d’ensemble des différents types de diabète et des risques encourus par les Canadiens. De Santé Canada.
Fondation de la Recherche sur le Diabète Juvénile Une source d’information sûre concernant les diabètes de Type I et II. Prenez connaissance des excellents conseils diététiques et autres recommandations nécessaires à une bonne hygiène de vie. Le site présente également une histoire de la recherche sur le diabète ainsi qu’une synthèse des derniers travaux de recherches.
Dr. Charles Herbert Best Portrait du Dr. Charles Herbert Best, présenté par le Temple de la renoméée médicale canadienne.
Que sont les cellules souches? Source détaillée d’information sur les cellules souches, les récentes découvertes, les avantages éventuels, la source des cellules souches utilisées par les chercheurs, et l'absence de controverse éthique. Par Le Réseau de cellules souches.
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Glossaire: Biotechnologie Le présent glossaire a été conçu afin de vous aider à comprendre les termes utilisés dans le domaine de la biotechnologie. Par le site Web du Santé Canada.
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